Les moutons sauvages ont vu leur taille diminuer en l'espace d'un quart de siècle, sur une île du nord de l'Ecosse, du fait des hivers plus doux, selon une étude publiée jeudi.
Les moutons de Soay, couverts d'une laine brune et épaisse, qui vivent sur l'île de Hirta dans l'archipel de Saint Kilda (Hébrides extérieures), auraient dû devenir progressivement plus grands, les
plus forts ayant des chances de survie plus grandes, selon les lois de la sélection naturelle, dans ces îles au climat rude.
Hivers plus doux
Mais en 2007, les chercheurs ont constaté que leur taille avait au contraire diminué au lieu d'augmenter. Le changement du climat expliquerait ce paradoxe, selon des biologistes britanniques qui
publient leurs travaux dans la revue scientifique américaine
Science. Les hivers étant devenus plus courts et plus doux, les agneaux n'avaient plus besoin de grandir et de grossir vite
avant d'affronter leur premier hiver.
"Dans le passé, seuls les grands moutons en bonne santé et les gros agneaux qui avaient bien pris du poids au cours de leur premier été pouvait survivre aux durs hivers sur Hirta", résume Tim
Coulson, professeur à l'Imperial College London.
Conditions moins exigeantes
"Mais maintenant, à cause du changement climatique, l'herbe à brouter est disponible pendant davantage de mois par an et les conditions de survie ne sont plus aussi exigeantes -même les moutons
ayant une croissance plus lente ont une chance d'y parvenir", explique-t-il. Cela signifie que la proportion de moutons ayant une croissance lente s'accroît au sein du troupeau, ajoute-t-il.
En 1986, les agneaux de moins d'un an pesaient en moyenne 15 kg. Vingt ans plus tard, leur poids était descendu à moins de 13 kg. Quant aux adultes, leur poids moyen est tombé en vingt ans de 25 à
guère plus de 22 kg.
Un autre facteur intervient, dénommé "l'effet mère précoce". Les brebis mettent bas plus jeunes, ce qui conduit à faire naître des agneaux de plus petite taille. Face au changement climatique
annoncé, les scientifiques estiment difficiles de prédire quels seront les gagnants et les perdants, compte tenu des lois de l'évolution des espèces. Mais cette étude pourrait les y aider, selon le
Pr Coulson.
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